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HD-GLOBAL : Le tout premier réseau d’observation météorologique terrestre haute résolution

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HD-Signs est spécialisé dans la fabrication de panneaux de signalisation routière augmentés, qui permettent, dans un même temps d’analyser le trafic et surtout la météo routière.

HD-Signs va démarrer la création d’un réseau d’observation météorologique terrestre européen haute résolution, ce qui est une première mondiale.

 

Interview de Manuel SILVA, Président de HD-Signs

 

Info de dernière minute – Recherche de Partenaire

HD-S souhaite créer un logiciel « métier » sur la base d’une matrice cartographique pixélisée : « Sentinel Matrix Designer ».

Cet outil est destiné à optimiser l’implantation de stations météo routières sur des zones météo-sensibles d’un territoire entier, gérer l’affectation des pixels, permettre leur exploitation et aider à la gestion technique des différents équipements déployé.

Si vous disposez des compétences nécessaires pour réaliser ce développement, n’hésitez pas à contacter M. Manuel SILVA

 

 

  • Comité Éditorial : Dans quel contexte s’inscrit votre innovation ?

 

Manuel SILVA (MS) : J’ai 20 ans d’expérience dans les systèmes liés aux Transports Intelligents, la Sécurité Routière et l’Inforoute, ce qui me permet de faire plusieurs constats, directement liés à la météorologie routière.

Aujourd’hui, les « prévisions du temps sur la route » sont quasi-inexistantes, alors que la météo est directement à l’origine de près d’un quart des accidents routiers dans l’hexagone et que l’ONU annonce que le nombre de véhicules va être multiplié par 3 dans le Monde, d’ici 2050.

En fait, à défaut de solutions techniques adaptées, les réponses actuelles reposent surtout sur des prévisions météorologiques atmosphériques qui ne sont pas pertinentes dans « l’immédiateté ».  Elles manquent également de précision, des points de vue « métrologique » et « géographique », du fait des moyens techniques synoptiques utilisés (radars, satellites, etc. …) ; ces solutions conventionnelles sont inappropriées car elles sont essentiellement destinées à la prévision « moyen et long terme » et ne sont pas adaptées aux exigences d’exploitation terrestre et routière.

De plus, la crise sanitaire liée au Coronavirus a aggravé cette situation, car elle est à l’origine d’une diminution de 10 à 15% des ressources et moyens d’observations météorologiques atmosphériques, du fait notamment de plus de 16 000 avions de ligne qui se sont retrouvés cloués au sol, dont près de 45% en Europe.

De leur côté, les usagers et les véhicules connectés génèrent de plus en plus de données. Même sans réelle précision pour certaines utilisations, à terme, elles seront tout de même profitables compte tenu des quantités très importantes qui seront produites. En revanche, il y aura toujours le problème de « l’éclaireur », le premier arrivé sur une zone météo-sensible, qui sera potentiellement en décalage avec l’apparition du phénomène et qui s’exposera au danger pour renseigner le reste de la communauté.

En fait, ce sont les stations météo routières qui sont, les plus performantes pour produire une donnée « temps réel » et avec les niveaux de précision métrologique et géographique requis ; mais le nombre de ces unités de bord de route n’est actuellement pas suffisant et suit un modèle économique inadapté qui les rend trop chers à l’achat et à l’usage. Ces équipements sont traditionnellement la propriété des gestionnaires de réseaux routiers (collectivités et autoroutiers), donc très majoritairement payés par le contribuable. C’est notamment la raison pour laquelle il n’y a aujourd’hui, en France, qu’une station opérationnelle en moyenne pour 2 200 kms de route.

Pourtant, en hiver, les gestionnaires des routes ont besoin d’infos pour être plus efficaces, mais ils ne disposent pas d’outils d’aide à la prise de décision suffisants. Alors que les impacts environnementaux et économiques sont très importants (empreinte carbone, utilisation du sel de déneigement, …), au-delà d’être un authentique désherbant, nous savons qu’un emploi excessif de ce moyen chimique constitue aussi un facteur de corrosion pour les véhicules. Il augmente aussi, de façon considérable, le taux de détérioration des chaussées, car le sel de déneigement accélère activement le vieillissement des enrobés des routes ; une utilisation modérée et maîtrisée serait vertueuse, y compris pour le contribuable.

Les accidents graves liés à la météo sont nombreux sur les routes européennes. Rien qu’en France, chaque année, la météo routière est à l’origine d’environ 800 morts, 18 000 blessés pour un coût de 10 à 12 Milliards d’euros (soit ~0,5%du PIB) …

De nouveau, ce sont les utilisateurs en bout de chaîne de valeur qui en pâtissent. Le constat est édifiant : moyens importants et coût élevé pour un résultat médiocre.

… Voilà pour le « Passé » et le « Présent », mais qu’en est-il du « Futur » ?

L’époque que nous vivons est historique, avec un monde de la route en mutation et des véhicules de plus en plus connectés voire autonomes. Pourtant, les sociétés d’assurance ne veulent pas, pour l’instant, assurer ces véhicules automatisés; l’une des raisons est qu’il n’y a pas d’infos météo routières précises et prédictives. En effet, les véhicules autonomes  ne savent pas se diriger par météo dégradée parce qu’ils ont une carence technologique qui ne leur permet pas d’anticiper les situations météo difficiles. Je vous donne un exemple : aujourd’hui, une plaque de verglas est détectée par le véhicule autonome quand il s’apprête à rouler dessus et pas avant, et ce problème technologique et de sécurité génère évidemment un problème d’assurance des véhicules autonomes de la planète.

Le marché de la monétisation des données automobiles pèsera plusieurs 100aines de milliards de dollars : Les enjeux sont donc colossaux !

 

  • CE : Comment avez-vous élaboré votre projet ?

 

MS : Le projet « HD-GLOBAL » s’est construit dans la durée. Il fait référence à des considérations technologiques, organisationnelles, financières et politiques qui ont mis du temps à être étudiées et mises en œuvre.

Tout d’abord, la clé de voûte est technologique avec une gamme de panneaux du code de la route que nous avons transformé en panneaux de signalisation routière augmentés et capables, dans un même temps d’analyser le trafic et surtout la météo routière. Il s’agit en fait d’une armoire technique déguisée en panneau de signalisation homologué, connecté et autonome en énergie.
1000 prototypes de panneaux (en version lumineuse) ont été installés sur les routes avec VINCI dans la période 2009 à 2015, ce qui nous a permis d’évaluer l’équilibre énergétique des systèmes (période laboratoire en conditions réelles d’utilisation).

En parallèle de celà, entre 2003 et 2013, nous avons implanté une très grande partie des stations météo routières du Nord-Ouest de la France, sous la forme de coffrets techniques conventionnels et nous les avons vendus aux collectivités : nous avons arrêté cette activité en 2013, parce que la technologie et le modèle économique n’étaient pas adaptés au besoin.

En 2018 : nous avons officiellement fusionné un « panneau » avec une « station ». Je précise que le panneau du « code de la route » est la seule infrastructure universelle autorisée à être installée au plus près de la chaussée, éliminant ainsi les problèmes conventionnels d’éloignement contraints des unités de bord de route traditionnelles.

Compte tenu des enjeux considérables du projet « HD-GLOBAL », nous avons déposé un 1er brevet (européen) sur ce panneau ultra-compact.

Dans un même temps, nous avons réfléchi à l’orientation stratégique du projet et à un modèle économique mieux adapté aux différents segments de marché.

Nous avons lancé des études de marché et nous avons rapidement validé la nécessité d’un modèle basé sur l’économie de la fonctionnalité, qui privilégie l’usage à l’achat des systèmes. C’est ainsi que ce projet industriel, d’envergure internationale, a pris une orientation digitale dominante qui nous a amené à faire le pari de devenir l’organisme de référence européen de la météorologie routière, en créant l’Opérateur « HD-IT-France ».

La nécessité de concevoir une architecture globale, complexe et originale, nous a conduit à faire une deuxième demande de brevet (mondial) sur l’ensemble de la solution technique globale étudiée.

Parallèlement à cela, il a fallu s’entourer d’experts, obtenir l’appui de nos institutions et aller chercher le soutien d’organismes spécialisés dans les secteurs liés à l’IA, le véhicule autonome, l’aérien, le spatial (météorologie, communication, moyens satellites, …).

Afin d’être les plus performants possible, j’ai également constitué une gouvernance au sein de HD-Signs, avec un comité stratégique composé de 5 experts dans des domaines pointus.

La question financière (investissements et autres besoins financiers) a également été une composante importante qu’il a fallu intégrer tout au long du plan de développement global du projet.

Ce projet sociétal et d’utilité publique, s’inscrit donc dans un contexte politique et stratégique. Il a fallu identifier et se rapprocher des quelques institutions et autres intervenants politiques (Ministères, Préfectures, Conseils Régionaux et Départementaux, députés et sénateurs, …) concernés par le projet.

 

  • CE : Quels sont vos actions et déploiements actuels et futurs ?

 

MS : « HD-Signs » est une entreprise créée en décembre 2018 et destinée à supporter la couche industrielle et le savoir-faire technologiques du projet HD-GLOBAL.

« HD-Signs » compte un effectif actuel de 4 personnes, un programme de recrutement est en cours avec 7 nouveaux employés en 2021 et 10 nouveaux recrutements sont déjà prévus en 2022. La création prochaine de « HD-IT-France » sera également synonyme de nouvelles créations d’emplois.

L’amorçage du projet passera par la réalisation d’un site pilote sur un département entier avec le déploiement de 50 à 100 dispositifs, sur toutes les zones météo-sensibles de ce territoire, là où les phénomènes météo démarrent. Nous sommes actuellement en discussion avec les instances départementales locales pour en faire un site unique au Monde.

Notre démarche est scientifique et nous démarrons par l’identification des zones météo-sensibles, ce qui nous amènera à déterminer les lieux les plus représentatifs, là où nous implanterons des stations météorologiques. Pour cela, nous utilisons tout d’abord des moyens satellites pour faire une 1ère qualification de ces sites singuliers, nous travaillons avec une société italienne qui nous a été conseillée par l’Agence Spatiale Européenne.

Nous développons actuellement une application informatique originale qui nous permet d’exploiter ces données spatiales et de superposer cette couche cartographique avec la carte routière correspondante. Cet outil précieux nous permet de « pixeliser » tout un territoire et il est capable d’étendre son quadrillage à l’ensemble de l’Europe, voire plus… Enfin, nous confronterons les résultats obtenus avec d’autres bases de données, avant de les valider avec les gestionnaires des réseaux routiers locaux.

Cette démarche systématique donnera lieu à la création d’un réseau d’observation métrologique météorologique terrestre européen haute résolution, ce qui est une première mondiale.

Ainsi, la brique technologique inédite « HD-GLOBAL » va résoudre bon nombre de problèmes grâce à des stations météos intégrées dans des panneaux de signalisation intelligents ultra discrets, autonomes, communicants et implantées sur les zones identifiées comme météo-sensibles. Rien qu’en France, nous prévoyons d’installer entre 8 000 et 10 000 panneaux/stations météo produits par HD-Signs.

Nous voulons combler le manque de prévisions météo immédiates. Dans chaque pays, nous créerons une entité « HD-IT » qui fédérera la production de la donnée tout en garantissant la souveraineté du pays d’accueil. Des serveurs informatiques (un datacenter par pays) vont stocker des informations qualifiées, qui seront communiquées aux utilisateurs finaux, au cas pas cas, via des partenaires intermédiaires, comme par exemple Google, TomTom, Navteq, Coyote, Waze et autres… (éditeurs d’outils d’aide à la conduite), avec lesquels nous sommes en relation et avec qui nous nouerons des accords commerciaux.

Il y a aussi les constructeurs et équipementiers des véhicules connectés et autonomes.

Sur ce point, nous sommes dans le projet ADAVEC/HD-GLOBAL, c’est un projet « 100% SCS », « made in Région Sud » destiné à générer un cockpit de véhicule autonome original, dans lequel, notre valeur ajoutée est d’amener de la prédiction météo routière en « temps réel » dans le véhicule. On a très longtemps pensé que le véhicule autonome était une machine « magique » qui se suffirait à elle-même ; or, nous savons à présent que le véhicule autonome ne sera, que si on le considère dans son écosystème : c’est encore un projet unique au Monde et tous les intervenants du projet sont membres du Pôle SCS.

Il y a bien entendu d’autres clients potentiels tels que les entreprises de transport, les gestionnaires de réseaux routiers, les compagnies d’assurance, les médias, … et cette liste de clients n’est pas exhaustive et beaucoup restent encore à découvrir.

De la même façon, nos propositions de services iront bien au-delà de la météo routière, notamment dans un contexte de changements climatiques : Le marché qui nous intéresse, a donc un spectre très large.

 

  • CE : Pourquoi avez-vous adhéré au Pôle SCS ?

 

MS: Comme HD-Signs, le Pôle SCS s’intéresse à l’intelligence artificielle, à l’IoT et l’univers des véhicules connectés et autonomes, il est également implanté en Région Sud.

Notre stratégie imposait de créer un écosystème autour du projet HD-GLOBAL; le Pôle SCS nous a semblé particulièrement pertinent sur les thèmes technologiques qui nous concernent, sur sa capacité de mises en relations diverses et son soutien potentiel dans la constitution de dossiers d’appels à projets ou de recherches de financements.

 

 

  • CE : Le Pôle SCS vous a-t-il apporté ce que vous recherchiez ?

 

MS : Nous sommes particulièrement soutenus par le Pôle SCS qui a notamment labellisé HD-GLOBAL projet innovant en 2020. Son soutien actif constitue un atout important pour nous en termes d’image et de crédibilité.

La capacité du Pôle à organiser des manifestations autour de ces thèmes, constitue des opportunités de business ou de réseautage. Ces évènements ont également participé à alimenter la veille technologique qui nous permet de nous tenir informer au fil de l’eau.
Nos interlocuteurs y sont très accessibles et à notre écoute.

 

  • CE : Qu’attendez-vous du Pôle demain ?

 

MS : SCS  est un Pôle qui continuera à être un partenaire important au quotidien, pour « HD-Signs » et « HD-IT ».

Ce projet est hautement stratégique, y compris pour la France et l’Europe qui seront alors les leaders mondiaux dans ce domaine.  L’échelle et l’ambition du projet nécessitent des soutiens multiples de la part d’acteurs de renom (comme SCS…).
L’échelle du projet exigera des démarches auprès de l’Union Européenne, pour lesquelles nous pourrons bénéficier de l’appui de SCS .

Le duo « HD-Signs/HD-IT » ambitionne de devenir l’organisme de référence européen en matière de météorologie routière. Cette place de leader imposera d’exercer un programme de R&D soutenu pour tenir une telle position et nous pourrons compter sur l’expertise et le réseau du Pôle pour nous accompagner.

 

Contact

 

SILVA Manuel

Avenue Pierre SEMARD – MIN d’Avignon – Bâtiment  B  – 84000 Avignon
Tél :  04 28 70 37 40
Mail :  msil@hd-global.group
Site Web: www.hd-s.tech
Linkedin: hd-s
YouTube : Vidéo Présentation HD-Global

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